sigmund-freud-151025La psychanalyse n’a pas vraiment le vent en poupe et il faut avouer que ses heures de gloire à l’époque de Freud, puis de Lacan jusque dans les années 70- 80 sont belles et bien révolues. Pourtant, il suffit de lire n’importe quel magazine de société pour se rendre compte à quel point les idées de la psychanalyse sont diffusées dans le corps social et à quel point certaines des idées les plus révolutionnaires de Freud sont devenues aujourd’hui des évidences. La psychanalyse a toujours été l’objet de critique car elle ne situe pas son action sur le même plan que les autres théories psychologiques. Sa conception de l‘inconscient est en rupture avec la pensée classique. Elle n’est ni un savoir, ni une idéologie, encore moins une morale ou une philosophie.

1/Pourquoi entreprendre une psychanalyse ?

En général, quand on consulte c’est que l’on va mal et qu’on a envie que les choses s’améliorent. La répétition de situations désagréables, voire d’échecs nous met au pied du mur et nous impose de revoir notre histoire, de changer notre vie. Il faut savoir qu’on peut consulter un psychanalyste sans forcément s’engager dans une analyse longue mais parce qu’on a besoin d’accompagnement dans un moment délicat de notre vie ou de soutien dans une période de choix difficile à faire, par exemple. Pas non plus obligé de s’allonger sur le divan, le travail peut se faire en face à face. Il vrai qu’il est plus aisé de parler de son intimité sans le regard de l’analyste et la méthode du divan inventée par Freud a pour but de faciliter la parole.

La psychanalyse à la différence des autres formes de thérapie va plus loin que la compréhension psychologique, elle sonde les profondeurs de l’inconscient. Le psychanalyste, parce qu’il a lui aussi entrepris ce travail pendant de longues années, offre une écoute différente.

C’est une « cure par la parole ». La psychanalyse propose au patient un travail d’élaboration par la parole qui se structure autour de trois principaux concepts théoriques : L’existence de l’inconscient, la prise en compte du transfert et le primat donné à la sexualité. Ce sont ces trois concepts qui différencient la psychanalyse des autres thérapies.

2/Est-ce que la psychanalyse marche pour tout le monde ?

Il n’existe pas de thérapie plus simple et plus basique que la psychanalyse. La psychanalyse s’est démocratisée et heureusement, les gens ne pensent plus qu’elle est réservée uniquement à un public d’intellectuels. C’est la parole vraie, qui n’est pas du semblant, qui agit. De ce fait, la psychanalyse n’a rien à voir avec l’intelligence du patient ou la vivacité de son raisonnement.

Difficile d’employer le mot d’efficacité. Dans ce domaine, ce ne sont pas des « affections » que l’on soigne comme une angine. Le changement qui s’opère n’est rien d’autre que la transformation existentielle du sujet. Les effets de l’analyse ne se mesurent pas en terme d’efficacité, mais de désir. Les personnes qui consultent ont des symptômes et le psychanalyste affirme que ça a un sens. Nous constatons que le fait de mettre des mots sur ce qui est resté indicible jusque-là, a des effets et que ça change leur existence.

3/Comment choisir son psychanalyste ?

C’est avant tout une rencontre ! Il est important que votre analyste vous comprenne, qu’il soit aimable et bienveillant, que vous lui fassiez confiance.  Oublier l’image d’un vieux barbu austère encore trop souvent associée aux psychanalystes. Vous devez être capable de discuter de tout avec lui. Le travail analytique repose sur la qualité de la relation à l’analyste.

Bien s’entendre avec son analyste ne veut pas forcément dire être toujours d’accord avec lui. Et c’est d’ailleurs l’un des enjeux de la cure analytique que de travailler sur ces conflits et leurs origines. Ils doivent être analysés pendant la cure, dans le transfert.

Le fait que l’analyste ne parle pas est une crainte souvent exprimée. Que faire si je n’ai rien à dire et que mon analyste ne décroche pas un mot ? C’est en fait assez rare que l’analyste n’intervienne pas. Au contraire, son rôle est d’aider à élaborer vos idées, à interpréter vos associations.

4/Qu’est-ce que le transfert ?

Freud a découvert que c’est la parole du patient qui soigne et non l’information que lui délivre l’analyste. Certes, le patient souffre de ne pas savoir, mais il se soigne en le disant. Parler, c’est parler à l’autre, ce n’est pas simplement émettre un message que l’autre reçoit. L’autre devient ainsi garant de la vérité de ce que l’on dit. C’est la parole du patient qui agit dans la cure et non pas celle de l’analyste. L’analyste est impliqué dans le dispositif mis en place dans la cure et n’est pas qu’un observateur neutre et détaché. Il intervient pour libérer le patient des motions inconscientes qui l’entravent en préservant son intégrité et sa liberté.

5/Mais alors, comment devient-on psychanalyste ?

Tout le monde ne peut pas devenir psychanalyste, comme tout le monde ne peut pas devenir artiste. La psychanalyse est plus un art qu’une science. Et, c’est elle qui vous choisit, plutôt qu’un choix d’orientation professionnelle classique. Il y a néanmoins quelques pré-requis indispensables. Le premier et pas des moindres, est que le futur analyste ait fait une analyse avec un confrère qui a entendu et soutenu son désir de devenir à son tour analyste. Et enfin, il faut faire partie d’une société de psychanalyse afin d’en acquérir les fondements théoriques et surtout mette à l’épreuve avec d’autres son désir d’analyste.

Prendre rdv avec un psy au Vésinet : Christelle HENNEQUIN-LOEUL, Psychanalyste, 06 28 35 17 09