Accompagnement des personnes âgées

Dépression et maladie d’Alzheimer

Le grand âge va parfois de pair avec une authentique dépression. Le vieillissement engendre chez certains une perte d’autonomie provoquant un sentiment de tristesse et d’inutilité. Associés aux évènements douloureux de la vie (perte du conjoint, maladie, éloignement des enfants …) ou certains traitements (antihypertenseurs)…les personnes âgées concernées s’isolent et peuvent perdre le sens et le gout de la vie.

L’intervention du psychanalyste pour soigner la dépression : donner du lien et du sens à la vie

Le travail de vieillir ne consiste pas à juxtaposer une succession de souvenirs détachés, clivés, mais à élaborer une synthèse à partir de souvenirs qui se combinent entre eux et se modifient au contact les uns des autres pour former un tout. Les personnes âgées ont besoin de trouver une cohérence intérieure à leur existence. Cela ne signifie pas juxtaposer simplement les événements de sa vie pour en faire une histoire; il s’agit d’en faire une histoire totale qui ait un sens.

Il arrive souvent qu’une personne âgée nous dise: «Tous les jours se ressemblent, rien ne se passe, à quoi bon vivre?» Il s’agit d’une forme de réaction dépressive qui consiste à figer le temps et l’espace.

Il y a des moments où le voyageur de la vie, surtout en fin de vie, oublie qu’il est en train de faire un voyage; il a quitté la vue aérienne du trajet: il ne voit plus que la juxtaposition d’instantanés répétitifs. Il a alors parfois besoin de l’aide d’un psychanalyste ou d’un psychothérapeute pour considérer l’ensemble du voyage, pour reconstruire sa propre histoire interne.

La psychanalyse : un outil pertinent dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer a ceci de particulier que la dégénérescence qu’elle entraîne implique la perte des moyens symboliques qui participent aux liaisons entre les mots et les représentations. Elle entraîne ainsi la destruction de l’appareil psychique et donc une perte du sentiment d’identité. La psychanalyse, en tant que moyen de compréhension de la vie psychique, éclaire l’expérience de la maladie au niveau individuel, autant du côté du patient lui-même que de ses aidants professionnels et familiaux lorsque la régression est telle que le patient perd sa capacité à utiliser le langage.

Le psychanalyste peut aider le patient souffrant de la maladie d’Alzheimer

Il s’agit de poser des mots sur ce que chacun vit avec les malades et qui le déstabilise, à trouver du sens aux cris, à la violence, à ce qui paraît fou et insensé. Cette réinjection du symbolique par l’utilisation de la parole, du langage contribue à apaiser les aidants, les sécuriser, les soutenir dans leur rôle et, consolide en eux quelque chose de bon pour le patient. En effet, on dit souvent que « le soignant apaisant est le soignant apaisé » et c’est encore plus vrai peut-être pour la maladie d’Alzheimer dans laquelle l’affectif prend peu à peu toute la place.

Ce qui est important avec le patient c’est d’être là, attentif à ces moments où on a le sentiment d’être réellement avec quelqu’un, avec une personne à part entière : ce peut être au détour d’une réflexion ou d’un mot qui émerge d’un discours incohérent, d’un regard, d’un silence. Il ne s’agit pas alors d’interpréter avec des mots mais de renvoyer au patient quelque chose qui signifie que l’on est avec lui, que l’on a capté de moment : un sourire, un geste, un regard suffisent alors.

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